Page remise à jour le : 04.04.2004


La Balade N° 2, 3000 Kms en CBR à travers la France :
Un grand merci à Anne pour ce récit de ses vacances.

Eh oui, nous l’avons fait : Paris - Nantes - La Châtaigneraie - Bordeaux - Montpellier- Argenton sur Creuse - Paris, pour deux semaines de vacances fin juillet 2002.
Pour ceux ou celles qui ne jurent que par les grosses GT ou les vaisseaux customisés, voici la preuve par 600 que l’on peut voyager sur une supersportive sans se prendre la tête (et sans briser le couple, façon « Ile de la tentation »).


Résumons, les protagonistes sont :
- Un passager aux fesses blindées, que nous appellerons Chouchou pour conserver son sacro-saint anonymat ; mensurations diverses : 27 ans, des bras de catcheur, pas de permis moto, mais beaucoup de patience…
- Le (la) pilote, myself : bientôt deux ans de permis à l’époque (ben quoi… ?), le même âge, moins de muscles et cinquante kilos d’os, mais une énôôôrme envie de rouler loin, vite sur mon p’tit bolide. Pour voir mon imposante musculature : c’est en dessous!
 

Enfin, une 600 CBR modèle 2000, 17000 km au compteur, achetée d’occase en février 2002 à 12500 bornes en remplacement d’une Suzuki 750 Inazuma anémique et pataude. Peu de modif’, comme vous le découvrez, si ce n’est un pot Ixil pour le son, deux clignos à l’arrière et un ras de roue (à ce propos, si vos en cherchez à des prix défiant toute concurrence, zieutez chez Discount moto center, N7, 1 rue Reulos, à Villejuif : ils ont quasi tous les modèles).

J’avais déjà l’expérience d’un voyage similaire avec la Suzuki, seule et solitaire. Un trip où les vircouëts du coté de Millau m’avaient fait oublier le manque de protection et d’allonge de ma première (vraie) moto… « Maintenant, partageons cette expérience transcendante avec Chouchou ! », me disais-je en moi-même. Ah, la plage en se jouant des embouteillages. Ah, les Cévennes, l’Hérault et ses routes torturées, Ah…

Avant de partir, petit tour d’horizon de la bête équipée : pas grand chose que vous ne connaissiez déjà, chers lecteurs avides de grands espaces. Une sacoche de réservoir Delta (22 litres) de chez Bagster (plus adaptée que le modèle Alpha pour une sportive, mais moins volumineuse de 8 litres). Avec le tapis (fournis par l’ancien proprio), rien à redire, c’est top ! A cela, ajoutez deux sacoches cavalières souples de chez Dafy, qualité irréprochable (ça vaut les Oxford, mais pour moins cher…), 70 litres les deux : de quoi emporter fringues, crème solaire, graisse de chaîne et dentifrice pour deux semaines logés chez des amis, et il reste de la place. Ne vous en faites pas, nous avons trouvé à les remplir… Notez cependant que pour ce premier long voyage, nous les avons montées à l’envers (nul n’est parfait !).
 

Que dire sur ces sacoches ? Pas de brûlures au pot, mais par contre, bannissez les housses plastique censées protéger vos chaussettes des ondées (car il y en aura…) : elles sont (au choix) : trop petites, trouées par le pot, remplies d’eau à la première averse… Enfin, deux sacs poubelles de 100 litres percés judicieusement pour laisser passer les sangles valent mieux que ces cache-misère… A la rigueur, même un coup d’imperméabilisant ! Les sacoches, elles, n’ont pas bougé, même si nous conseillons de retendre les sangles de temps en temps, et d’y ajouter quelques sandows, au cas où (OK, nous sommes un peu parano quand il s’agit de nos chaussettes… !).

Prix de la bagagerie : 89 euros la sacoche chez Moto Axe, 130.95 euros la paire de cavalières sportives chez Dafy.
La bulle haute Ermax était aussi un KDO de l’ancien proprio, et grâce lui en soit rendu : c’était une bonne idée.
Avant de partir, imperméabilisation des blousons (Béring), nettoyage de la moto, graissages et réglages des suspensions (on durcit de tous les côtés sans transformer la bécane en bout de bois incontrôlable : ça prend 2-3 essais, et ça en vaut la peine !). Enfin, Vendredi soir après le boulot, nous enfourchons titine, et direction notre première étape : Nantes, où nous dormons chez les parents de Chouchou (paniqués à l’idée de nous savoir sur les routes sur cet engin de la mort…).
La route se passe en général bien, alors, pour couper court à toute énumération de trajets monotones, on notera ceci :
- Sur l’autoroute, la moto tient le 160 sans forcer, voir le 180 en l’absence de vent (tombée de la nuit…). Seul problème pour les conducteurs parigots que nous sommes : le vent (on appelle ça le mistral !), qui déporte l’équipage. Ce satané zeph’ nous a forcés à ralentir sur certaines portions (viaducs avec vent latéral, cols, etc…). Mais, tassée par le poids embarqué, la moto tient bien le pavé.
- Sur départementales, voies rapides, c’est le bonheur, malgré quelques réactions de la direction sur les bosses. On déplorera, comme d’habitude, la présence de graviers sur les départementales sinueuses de l’Hérault, mais ces charmants p’tits cailloux se cantonnent souvent au bord des routes.

Première constatation, mais ça, c’était à prévoir : Chouchou n’aime pas trop l’autoroute, ça fait mal au c…, mal au cou, mal aux bras, il leur préfère donc les petites nationales, telle celle que nous avons pris pour rejoindre Argenton (et qui limite la vitesse à 120, rapport à tous ces uniformes bleus que vous risquez d’y rencontrer…).
Seconde constatation : Béring se fout vraiment du client. Mon blouson portant la mention « aqua protect » n’est plus étanche au bout de 10 minutes d’averses. Vous me direz : « c’était à prévoir, un blouson d’été, c’est jamais étanche ! » (innocente que je suis…). OK. Dans ce cas, on n’écrit pas « aqua protect » dessus. J’ai déjà écrit à Béring à ce sujet : on m’a répondu que mon blouson était garanti un an (cqfd : après un an, un blouson payé 600 balles ne tient plus ses promesses). Passons…
Nous voilà arrivés, après deux étapes riches en fiesta et en rencontres, sur notre lieu de villégiature : un appart’ en plein centre de Montpellier prêté par deux copains partis se dorer la pilule sous le soleil ( !) breton. Pour nous, en avant pour dix jours de vert, de bleu, de caillasse et de verdure, et de rencontres animalières…
Sur le plan des sorties, nous nous sommes contentés de randos à la journée, laissant les casques emballés dans des poches plastiques étanches et attachés par des « U » à la bécane, et la bécane sous alarme devant la boulangerie, le café ou le resto du coin. Les blousons pliés prennent place dans l’un des sacs à dos, et la sacoche bagster contient le pique-nique. Plein de balades au bord de l’eau et autour de Montpellier, dont les plus jolies sont :
- le cirque de Navacelle, et les gorges de la Vis qui l’entourent (cf photos). Belles routes pour y aller (recommandé par MJ), balades ombragées et caillouteuses, rencontre avec une couleuvre vipérine (et pas une vipère, ça ne nage pas les vipères ! ! !).

- les gorges du Gardon, au-dessus de Nîmes, méritent vraiment le détour, ne serait ce que pour ses poiscailles monstrueux et la chapelle ST Verédème qui succède à la traversée d’une grotte (n’oublions pas la lampe de poche !). Attention, les chemins dans la garrigue datent parfois, et il est facile de s’y perdre… Seconde rencontre avec une couleuvre vipérine (ben oui, on les attire…)


- Les gorges de Lamalou, vraiment près de Montpellier, mais l’été, ne pensez pas vous y baigner ! (Mais où est passée l’eau ?)
- Et enfin, incontournables de ce côté, les gorges de l’Hérault, très populaires (St Guilhem le désert et le pont du diable ressemblent un peu au métro aux heures de pointe…).

Côté montagne, connaissant déjà le mont Aigoual et ses alentours, nous nous sommes risqués sur le mont Ventoux un jour nuageux, pour une rando autour du col de l’homme mort (brrrr…). Reposant pour les pieds, car 200 mètres de dénivelé sur 6 km de montée, ce n’est pas ce que l’on appellera du sport !
Sans oublier la plage, mais quand on est originaire de Bretagne (comme nous), l’eau a beau être chaude, s’entasser sur un monotone ruban de sable brûlant n’est pas notre tasse de thé. Enfin, la température de l’eau n’est effectivement pas la même…

On ne nous a pas volé la bécane, ni vandalisé. Parfois, des autochtones admiratifs ou des Harleyistes sans casque nous jetaient des regards étonnés (quelle idée de voyager « là dessus ! »). En attendant, dans les inévitables embouteillages de Millau, la CBR est plus efficace qu’un custom’ au guidon « corne de vache ». Sans parler des rentrées à Montpellier, notamment sur la route de Ganges, où la CBR efface camions, cars et touristes peu pressés. Mention spéciale à toutes ces voitures qui s’écartent pour vous laisser passer (même si vous n’en avez aucune envie !), les Montpelliérains n’ont rien à apprendre des Franciliens sur ce point !
Une bonne adresse, dont le patron (très baba-cool) nous a avoué avoir fait de la moto (dans le temps, comme on dit…) : l’auberge du Mas de Coulais, juste avant St Bauzille de Putois en venant de Montpellier. On y mange très bien, pour 15 euros, et quand je dis très bien, c’est un doux euphémisme ! Réservation obligatoire si vous voulez profiter de la bonne chère du Sud Ouest !

Un p’tit mot sur le solo : j’adore tellement rouler (!) que je repars fin Aout, direction Angoulême puis la Bretagne. Un conseil : oubliez le sac à dos, qui détruit les épaules et ruine vos lombaires, et optez pour un sac de selle de chez Dafy (comme les cavalières). Contenance géante, imperméable sous les petites averses (sinon, y’a la housse), d’accès aisé, c’est le compagnon idéal des voyageurs solitaires (avec la sacoche bagster).
Sacoche de selle dafy : 100.46 euros.

Voilà, si c’était à refaire, pas de problème, à une nuance près : profiter du voyage en prenant les chemins de traverse, on est pas pressés ! La CBR n’est pas le bout de bois inconfortable que certains magazines mal renseignés décrivent (n’est ce pas Moto 2 ?!), elle peut vous emmener partout, vite ou pas, sait se tenir en ville et arsouiller en montagne. Elle est légère (j’aime ! …), a une béquille centrale, et demande peu d’entretien comparé à ses consœurs de chez yakawazuki. Et puis… Elle est belle !
A bientôt, peut-être avec quelques photos de Bretagne, ou pour le prochain voyage (en corse ?).

Nanou, nouvelle CBRiste (déjà) convaincue.
Une question : a.girerd@tiscali.fr
Août 2002
PS : en fait, l’année d’après nous verra arpenter les Alpes… Récit bientôt !

 

Récit écrit par Anne.
Adapté pour le site par lagambas.

 


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