La Balade N°
2, 3000 Kms en CBR à travers la France :
Un
grand merci à Anne pour ce récit de ses vacances.
Eh oui, nous l’avons fait : Paris - Nantes - La Châtaigneraie -
Bordeaux - Montpellier- Argenton sur Creuse - Paris, pour deux
semaines de vacances fin juillet 2002.
Pour ceux ou celles qui ne jurent que par les grosses GT ou les
vaisseaux customisés, voici la preuve par 600 que l’on peut voyager
sur une supersportive sans se prendre la tête (et sans briser le
couple, façon « Ile de la tentation »).
Résumons, les protagonistes sont :
- Un passager aux
fesses blindées, que nous appellerons Chouchou pour conserver son
sacro-saint anonymat ; mensurations diverses : 27 ans, des bras de
catcheur, pas de permis moto, mais beaucoup de patience…
- Le (la) pilote, myself : bientôt deux ans
de permis à l’époque (ben quoi… ?), le même âge, moins de muscles et
cinquante kilos d’os, mais une énôôôrme envie de rouler loin, vite
sur mon p’tit bolide. Pour voir mon imposante musculature : c’est en
dessous!

Enfin, une 600 CBR modèle 2000, 17000 km au
compteur, achetée d’occase en février 2002 à 12500 bornes en
remplacement d’une Suzuki 750 Inazuma anémique et pataude. Peu de
modif’, comme vous le découvrez, si ce n’est un pot Ixil pour le
son, deux clignos à l’arrière et un ras de roue (à ce propos, si vos
en cherchez à des prix défiant toute concurrence, zieutez chez
Discount moto center, N7, 1 rue Reulos, à Villejuif : ils ont quasi
tous les modèles).
J’avais déjà l’expérience d’un voyage similaire avec la Suzuki,
seule et solitaire. Un trip où les vircouëts du coté de Millau
m’avaient fait oublier le manque de protection et d’allonge de ma
première (vraie) moto… « Maintenant, partageons cette expérience
transcendante avec Chouchou ! », me disais-je en moi-même. Ah, la
plage en se jouant des embouteillages. Ah, les Cévennes, l’Hérault
et ses routes torturées, Ah…
Avant de partir, petit tour d’horizon de la bête équipée : pas grand
chose que vous ne connaissiez déjà, chers lecteurs avides de grands
espaces. Une sacoche de réservoir Delta (22 litres) de chez Bagster
(plus adaptée que le modèle Alpha pour une sportive, mais moins
volumineuse de 8 litres). Avec le tapis (fournis par l’ancien
proprio), rien à redire, c’est top ! A cela, ajoutez deux sacoches
cavalières souples de chez Dafy, qualité irréprochable (ça vaut les
Oxford, mais pour moins cher…), 70 litres les deux : de quoi
emporter fringues, crème solaire, graisse de chaîne et dentifrice
pour deux semaines logés chez des amis, et il reste de la place. Ne
vous en faites pas, nous avons trouvé à les remplir… Notez cependant
que pour ce premier long voyage, nous les avons montées à l’envers
(nul n’est parfait !).



Que dire sur ces sacoches ? Pas de brûlures
au pot, mais par contre, bannissez les housses plastique censées
protéger vos chaussettes des ondées (car il y en aura…) : elles sont
(au choix) : trop petites, trouées par le pot, remplies d’eau à la
première averse… Enfin, deux sacs poubelles de 100 litres percés
judicieusement pour laisser passer les sangles valent mieux que ces
cache-misère… A la rigueur, même un coup d’imperméabilisant ! Les
sacoches, elles, n’ont pas bougé, même si nous conseillons de
retendre les sangles de temps en temps, et d’y ajouter quelques
sandows, au cas où (OK, nous sommes un peu parano quand il s’agit de
nos chaussettes… !).
Prix de la bagagerie : 89 euros la sacoche chez Moto Axe, 130.95
euros la paire de cavalières sportives chez Dafy.
La bulle haute Ermax était aussi un KDO de l’ancien proprio, et
grâce lui en soit rendu : c’était une bonne idée.
Avant de partir, imperméabilisation des blousons (Béring), nettoyage
de la moto, graissages et réglages des suspensions (on durcit de
tous les côtés sans transformer la bécane en bout de bois
incontrôlable : ça prend 2-3 essais, et ça en vaut la peine !).
Enfin, Vendredi soir après le boulot, nous enfourchons titine, et
direction notre première étape : Nantes, où nous dormons chez les
parents de Chouchou (paniqués à l’idée de nous savoir sur les routes
sur cet engin de la mort…).
La route se passe en général bien, alors, pour couper court à toute
énumération de trajets monotones, on notera ceci :
- Sur l’autoroute, la moto tient le 160 sans forcer, voir le 180 en
l’absence de vent (tombée de la nuit…). Seul problème pour les
conducteurs parigots que nous sommes : le vent (on appelle ça le
mistral !), qui déporte l’équipage. Ce satané zeph’ nous a forcés à
ralentir sur certaines portions (viaducs avec vent latéral, cols,
etc…). Mais, tassée par le poids embarqué, la moto tient bien le
pavé.
- Sur départementales, voies rapides, c’est le bonheur, malgré
quelques réactions de la direction sur les bosses. On déplorera,
comme d’habitude, la présence de graviers sur les départementales
sinueuses de l’Hérault, mais ces charmants p’tits cailloux se
cantonnent souvent au bord des routes.

Première constatation, mais ça, c’était à
prévoir : Chouchou n’aime pas trop l’autoroute, ça fait mal au c…,
mal au cou, mal aux bras, il leur préfère donc les petites
nationales, telle celle que nous avons pris pour rejoindre Argenton
(et qui limite la vitesse à 120, rapport à tous ces uniformes bleus
que vous risquez d’y rencontrer…).
Seconde constatation : Béring se fout vraiment du client. Mon
blouson portant la mention « aqua protect » n’est plus étanche au
bout de 10 minutes d’averses. Vous me direz : « c’était à prévoir,
un blouson d’été, c’est jamais étanche ! » (innocente que je suis…).
OK. Dans ce cas, on n’écrit pas « aqua protect » dessus. J’ai déjà
écrit à Béring à ce sujet : on m’a répondu que mon blouson était
garanti un an (cqfd : après un an, un blouson payé 600 balles ne
tient plus ses promesses). Passons…
Nous voilà arrivés, après deux étapes riches en fiesta et en
rencontres, sur notre lieu de villégiature : un appart’ en plein
centre de Montpellier prêté par deux copains partis se dorer la
pilule sous le soleil ( !) breton. Pour nous, en avant pour dix
jours de vert, de bleu, de caillasse et de verdure, et de rencontres
animalières…
Sur le plan des sorties, nous nous sommes contentés de randos à la
journée, laissant les casques emballés dans des poches plastiques
étanches et attachés par des « U » à la bécane, et la bécane sous
alarme devant la boulangerie, le café ou le resto du coin. Les
blousons pliés prennent place dans l’un des sacs à dos, et la
sacoche bagster contient le pique-nique. Plein de balades au bord de
l’eau et autour de Montpellier, dont les plus jolies sont :
- le cirque de Navacelle, et les gorges de la Vis qui l’entourent (cf
photos). Belles routes pour y aller (recommandé par MJ), balades
ombragées et caillouteuses, rencontre avec une couleuvre vipérine
(et pas une vipère, ça ne nage pas les vipères ! ! !).



- les gorges du Gardon, au-dessus de Nîmes,
méritent vraiment le détour, ne serait ce que pour ses poiscailles
monstrueux et la chapelle ST Verédème qui succède à la traversée
d’une grotte (n’oublions pas la lampe de poche !). Attention, les
chemins dans la garrigue datent parfois, et il est facile de s’y
perdre… Seconde rencontre avec une couleuvre vipérine (ben oui, on
les attire…)


- Les gorges de Lamalou, vraiment près de Montpellier, mais l’été,
ne pensez pas vous y baigner ! (Mais où est passée l’eau ?)
- Et enfin, incontournables de ce côté, les gorges de l’Hérault,
très populaires (St Guilhem le désert et le pont du diable
ressemblent un peu au métro aux heures de pointe…).
Côté montagne, connaissant déjà le mont Aigoual et ses alentours,
nous nous sommes risqués sur le mont Ventoux un jour nuageux, pour
une rando autour du col de l’homme mort (brrrr…). Reposant pour les
pieds, car 200 mètres de dénivelé sur 6 km de montée, ce n’est pas
ce que l’on appellera du sport !
Sans oublier la plage, mais quand on est originaire de Bretagne
(comme nous), l’eau a beau être chaude, s’entasser sur un monotone
ruban de sable brûlant n’est pas notre tasse de thé. Enfin, la
température de l’eau n’est effectivement pas la même…
On ne nous a pas volé la bécane, ni vandalisé. Parfois, des
autochtones admiratifs ou des Harleyistes sans casque nous jetaient
des regards étonnés (quelle idée de voyager « là dessus ! »). En
attendant, dans les inévitables embouteillages de Millau, la CBR est
plus efficace qu’un custom’ au guidon « corne de vache ». Sans
parler des rentrées à Montpellier, notamment sur la route de Ganges,
où la CBR efface camions, cars et touristes peu pressés. Mention
spéciale à toutes ces voitures qui s’écartent pour vous laisser
passer (même si vous n’en avez aucune envie !), les Montpelliérains
n’ont rien à apprendre des Franciliens sur ce point !
Une bonne adresse, dont le patron (très baba-cool) nous a avoué
avoir fait de la moto (dans le temps, comme on dit…) : l’auberge du
Mas de Coulais, juste avant St Bauzille de Putois en venant de
Montpellier. On y mange très bien, pour 15 euros, et quand je dis
très bien, c’est un doux euphémisme ! Réservation obligatoire si
vous voulez profiter de la bonne chère du Sud Ouest !
Un p’tit mot sur le solo : j’adore tellement rouler (!) que je
repars fin Aout, direction Angoulême puis la Bretagne. Un conseil :
oubliez le sac à dos, qui détruit les épaules et ruine vos
lombaires, et optez pour un sac de selle de chez Dafy (comme les
cavalières). Contenance géante, imperméable sous les petites averses
(sinon, y’a la housse), d’accès aisé, c’est le compagnon idéal des
voyageurs solitaires (avec la sacoche bagster).
Sacoche de selle dafy : 100.46 euros.
Voilà, si c’était à refaire, pas de problème, à une nuance près :
profiter du voyage en prenant les chemins de traverse, on est pas
pressés ! La CBR n’est pas le bout de bois inconfortable que
certains magazines mal renseignés décrivent (n’est ce pas Moto 2
?!), elle peut vous emmener partout, vite ou pas, sait se tenir en
ville et arsouiller en montagne. Elle est légère (j’aime ! …), a une
béquille centrale, et demande peu d’entretien comparé à ses consœurs
de chez yakawazuki. Et puis… Elle est belle !
A bientôt, peut-être avec quelques photos de Bretagne, ou pour le
prochain voyage (en corse ?).
Nanou, nouvelle CBRiste (déjà) convaincue.
Une question :
a.girerd@tiscali.fr
Août 2002
PS : en fait, l’année d’après nous verra arpenter les Alpes… Récit
bientôt !
Récit écrit par Anne. Adapté pour
le site par lagambas.
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